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Septième dimanche de Luc

Nous venons d’entendre la lecture d’un passage de l’évangile de Luc relatant deux miracles accomplis par notre Seigneur Jésus-Christ : la guérison de la femme hémorroïsse et la résurrection de la fille de Jaïre, le chef de la synagogue. L’évangéliste Luc nous relate ces deux miracles, ou plus exactement, nous fait le récit d’un seul miracle, car ce n’est pas un hasard que l’on parle ici de la mort d’une fillette de douze ans et de la guérison d’une femme hémorroïsse qui avait souffert pendant douze années. L’utilisation du même nombre douze dans cet épisode nous indique que les deux miracles sont liés.

Par ce double miracle, notre Seigneur Jésus-Christ veut nous transmettre un enseignement. La femme hémorroïsse souffrit pendant douze années, et naturellement, à cause de sa maladie, ne put avoir d’enfants, ne put devenir mère. La fille de Jaïre meurt à l’âge de douze ans, et ne pourra devenir une femme, ne pourra devenir mère. Mais dans le récit de l’un et l’autre miracle, l’évangéliste insiste sur la foi.

Par ce double miracle, notre Seigneur Jésus-Christ insiste sur la foi

Lorsque la femme hémorroïsse toucha le Seigneur et fut immédiatement guérie, le Seigneur s’adressa à la foule et lui demanda, qui venait d’être guéri. Naturellement, notre Seigneur Jésus-Christ, en tant que Dieu incarné, savait tout et il n’était nullement nécessaire de lui démontrer quoique ce soit ni lui dire quoi que ce soit. S’il pose cette question, c’est afin que le miracle qui fut accompli secrètement soit révélé. La femme hémorroïsse qui venait d’être guérie s’approche alors du Seigneur et lui rend grâce. C’est alors que le Seigneur s’adresse à elle par ces paroles : « Fille, ta foi t’a sauvée ! » (Lc 8, 48).

Il est important de remarquer comment notre Seigneur Jésus-Christ s’adresse à elle : non pas comme « Femme ! », mais comme « Fille ! ». Et il souligne que c’est la foi qui l’a sauvée. Ceci nous rappelle les paroles du Prologue de l’évangile de saint Jean le Théologien, lues la nuit de Pâques. Il y est dit que, par notre foi en notre Seigneur Jésus-Christ, le Verbe de Dieu incarné, par sa mort et sa résurrection, il nous est donné de devenir des enfants de Dieu, non pas selon la chair, mais selon la foi (cf. Jn 1, 12). C’est-à-dire que par le mystère du salut accompli par notre Sauveur Jésus-Christ dans sa mort sur la Croix et sa résurrection du tombeau, il nous est donné la possibilité d’hériter de la vie éternelle dans le Royaume de Dieu, et ainsi, d’obtenir le salut et de devenir des enfants de Dieu.

Après le miracle de la guérison de l’hémorroïsse, l’évangéliste Luc passe au deuxième miracle qui est intimement lié au premier. Le Seigneur arrive à la maison de Jaïre, où sa fille de douze ans est allongée, morte. Il demande à tous de quitter la chambre, à l’exception de ses trois disciples les plus proches : Pierre, Jacques et Jean le Théologien. Ces trois disciples furent les témoins de la transfiguration du Seigneur dans sa gloire au Mont Thabor. Il leur avait été révélé que notre Seigneur Jésus-Christ est le Fils de Dieu incarné, lequel a uni dans sa personne la divinité et l’humanité, afin de sauver l’humanité par sa mort et sa résurrection.

La mort n’est plus une fin, mais le moment d’un passage

Notre Seigneur dit aux personnes présentes dans la maison que la fille de Jaïre n’est pas morte, mais dort, indiquant de la sorte qu’après qu’il ait accompli le mystère du salut, la mort n’est plus une fin, mais n’est qu’un sommeil, le moment d’un passage. C’est la même chose que le Seigneur annoncera à ces disciples ayant appris la mort de son ami Lazare : « notre ami Lazare dort, et je vais maintenant le réveiller » (Jn 11, 11). En effet, la mort en tant que telle ne disparaît pas de la nature humaine, mais continue d’être une réalité de notre existence. Cependant, après que notre Seigneur ait accompli le mystère de notre salut par sa mort sur la Croix, sa descente aux enfers et par sa résurrection le troisième jour, la mort a été vaincue et a changé d’essence. Elle n’est plus une fin, mais un moment de passage, d’une dormition momentanée.

La mort n’est pas éternelle, mais la vie est éternelle

Toute la bonne nouvelle de l’évangile se résume en ce que la mort n’est pas éternelle, mais que la vie est éternelle. Si nous voulons hériter de la vie éternelle, nous devons avoir la foi dans le Christ ressuscité, avoir la même foi que la femme hémorroïsse, la même foi qu’avait Jaïre, le chef de la synagogue. C’est pourquoi, chers frères et sœurs en Christ, nous, les chrétiens, ne devons pas avoir peur de la mort. Parce que la mort n’est pour nous qu’un sommeil, une dormition, un passage vers la vie éternelle.

Les saints Pères de l’Église nous enseignent que nous devons constamment garder la mémoire de la mort. Il ne s’agit pas là d’une réflexion sur la mort comme la fin de notre vie, mais d’une réflexion sur la mort comme le commencement de la vie éternelle. Saint Antoine le Grand enseignait à ses disciples que l’homme doit mener chaque jour de sa vie comme s’il s’agissait du dernier de sa vie. De cette manière, saint Antoine nous enseigne de nous garder de tout péché, afin d’être unis à Dieu.

L’évangile d’aujourd’hui nous rappelle l’importance de la foi en Dieu, de la foi dans le Christ ressuscité, qui nous ouvre les portes de la vie éternelle et qui nous donne la possibilité de devenir enfants de Dieu, non selon la chair, mais selon la grâce. Rendons-lui grâce en ce jour pour le mystère du salut, et pour la possibilité qu’il nous a accordé par notre baptême de devenir enfants de Dieu. Souvenons-nous constamment de la mort, non pas comme de la fin de notre vie, mais comme du début de la vie éternelle, à laquelle nous aspirons : la vie éternelle dans le Royaume de Dieu, où lui reviennent gloire, honneur et adoration dans les siècles des siècles. Amen.

Archevêque Job de Telmessos

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