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Dimanche de tous les saints

Le premier dimanche après la Pentecôte clôt le cycle du Pentecostaire. L’hymnographie y est  consacrée à la mémoire de tous les saints, connus et inconnus, qui ne cessent d’intercéder pour l’Église terrestre. Certes, chaque jour de l’année liturgique fait mémoire d’un saint connu à qui nous demandons d’intercéder pour nous. Mais l’Église est consciente que les saints de Dieu, ceux dont « le nom est inscrit dans le livre de la vie » (Ap 20, 15) sont plus nombreux  que ceux dont l’Église célèbre la mémoire annuellement. Pour cette raison fut instituée la solennité du dimanche de tous les saints, lors de laquelle nous chantons : « Alors que nous célébrons la mémoire sainte, ô Christ Dieu, des ancêtres, des parents, des patriarches, des apôtres, des martyrs, des hiérarques, des prophètes et de tes saints, les ascètes et les justes, et chacun dont le nom est inscrit dans le livre de la vie, nous les invitons tous à intercéder alors que nous prions. Donne la paix à ton monde à travers eux, car tu aimes l’humanité, afin que nous puissions tous te clamer : O Dieu, glorifié dans le Conseil de tes Saints, Tu es vraiment celui qui glorifie convenablement leur mémoire » (cathisme après la 3e ode). Continue reading

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Dimanche de la Pentecôte

Le huitième dimanche de Pâques clôt la période festive de la cinquantaine pascale qui était célébrée dans l’Église ancienne comme une seule et grande fête. Cette période de réjouissance était marquée par l’absence de jeûne et de génuflexion. Ceci explique pourquoi l’Église s’agenouille solennellement pour la première fois depuis Pâques aux vêpres, le soir du dimanche de la Pentecôte, et entame une période de jeûne, le jeûne des apôtres, après l’octave de la Pentecôte. Dès la fin du 4e siècle, la Pentecôte devint une véritable de la divinité du Saint-Esprit, proclamée au deuxième concile œcuménique de Constantinople en 381. La fête commémore la descente du Saint Esprit sur les Apôtres réunis dans la Chambre haute que décrit l’évangéliste Luc dans les Actes des Apôtres (2, 1-11) : « Toutes les nations ont vu des merveilles en ce jour dans la cité de David, lorsque l’Esprit saint descendit sous la forme de langues de feu, comme le divin Luc nous l’a rapporté. Les Disciples du Christ se trouvant réunis, soudain retentit du ciel un fracas, une violente bourrasque de vent, et ce bruit remplit toute la maison où ils siégeaient ; et tous, ils se mirent à parler en langues étrangères des doctrines nouvelles et des enseignements nouveaux de la sainte Trinité » (laudes). Continue reading

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Sixième dimanche de Pâques

En ce sixième dimanche de Pâques, le Pentecostaire poursuit l’interprétation des passages clés de l’Évangile de Jean le Théologien qui sont à la fois des mystagogies du mystère de notre salut, de la mort et de la résurrection du Christ, mais aussi du mystère de notre baptême qui les a actualisées dans notre vie. L’évangile lu à la Divine Liturgie de ce jour est le récit de la guérison d’un aveugle de naissance (Jn 9, 1-41). Une fois de plus, l’aveugle né représente l’humanité en attente de salut. L’aveugle né souffre d’une cécité incurable par les hommes. Le Christ qui vient le guérir manifeste ainsi le Dieu créateur venu dans ce monde restaurer sa créature, celle qu’Il avait façonnée à partir de la terre (Gn 2, 7) à son image et à sa ressemblance (Gn 1, 26-27). Continue reading

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Cinquième dimanche de Pâques

L’hymnographie du Pentecostaire propre au cinquième dimanche de Pâques poursuit l’exégèse des passages de l’évangile de Jean lus à la Divine Liturgie, la péricope de ce dimanche étant le long dialogue du Christ avec la Samaritaine (Jn 4, 5-42). L’hymnographie nous interpelle ainsi : « Écoutons Jean qui nous enseigne les saints mystères qui ont eu lieu en Samarie. Comment le Seigneur parla avec une femme, lui demandant de l’eau, lui qui rassemble les eaux dans leurs bassins, égal en majesté avec le Père et l’Esprit. Car Il est venu recherchant son image, lui qui est éternellement glorieux » (Ikos). Le thème de ce dimanche est ainsi posé : le Dieu Créateur vient sauver sa créature, créée à son image et à sa ressemblance (Gn 1, 26). Continue reading

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Quatrième dimanche de Pâques

L’hymnographie du Pentecostaire propre au quatrième dimanche de Pâques interprète le passage de l’Évangile de Jean lu à la Divine Liturgie : la guérison du paralytique à la piscine Probatique, c’est-à-dire des brebis, qui avait cinq portiques (Jn 5, 1-15). Elle portait son nom car il s’agissait d’une piscine, située à Jérusalem non loin du Temple de Solomon, où l’on lavait le bétail destiné aux sacrifices rituels. L’évangéliste Jean nous dit que le Christ y arrive à l’occasion d’une fête des Juifs (Jn 5, 1). Saint Jean Chrysostome et saint Cyrille de Jérusalem y ont reconnu une allusion à la fête de la Pentecôte, alors que saint Irénée de Lyon y voyait la Pâque juive. L’hymnographe situe le miracle « au milieu de la fête », car il est commémoré par le Pentecostaire au milieu de la cinquantaine pascale : « Au portique de Solomon, gisait une grande foule de malades, et au milieu de la fête, le Christ, trouvant un paralytique qui y était couché depuis trente-huit ans… » lui dit : Lève-toi, prends ton grabat et marche (apostiches, doxastikon). Continue reading

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Troisième dimanche de Pâques

L’office du troisième dimanche de Pâques dans le Pentecostaire reprend un certain nombre d’éléments. Tout d’abord, on y retrouve l’hymnographie de Pâques que l’on continue de chanter pendant une quarantaine de jours, jusqu’à la veille de l’Ascension que l’on désigne comme « la clôture de Pâques ». Dans l’Église ancienne, toute la cinquantaine pascale, qui débutait le dimanche de Pâques et se concluait le dimanche de la Pentecôte, était une période festive, comme un seul jour de fête, où était proscrit jeûne et génuflexion. C’est d’ailleurs pourquoi le livre liturgique accompagnant cette période porte le nom de Pentecostaire. Avec le développement des fêtes liturgiques, la période purement « pascale » fut réduite aux quarante premiers jours, les jours suivants reprenant l’hymnographie de l’Ascension. Continue reading

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Cinquième dimanche du Carême

Le cinquième dimanche du Carême, le Triode commémore une figure représentant l’universalité du salut et de la vie spirituelle : sainte Marie l’Égyptienne, une ex-prostituée devenue ascète au désert. Commémorée le 1er avril, sa mémoire fut déplacée à ce dimanche pour être davantage solennisée, sans doute en lien avec l’office du grand canon pénitentiel de saint André de Crète chanté le jeudi précédent. La vie de sainte Marie l’Égyptienne incarne un repentir véritable qui nous est ainsi proposé par le Triode comme modèle. Continue reading

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Quatrième dimanche du Carême

Le quatrième dimanche du Carême, le Triode fait mémoire de saint Jean Climaque, un moine qui vécut au Mont Sinaï au VIe-VIIe siècle, d’abord en communauté à Raithu, puis comme solitaire, avant d’être élu higoumène au monastère du Sinaï. La plus grande partie de l’hymnographie de ce dimanche lui est consacrée bien que les détails de sa vie nous sont peu connus : « Jean, sage Père tu as élevé ton esprit vers Dieu dans la foi. Tu as méprisé l’instabilité de la confusion du monde. Tu as pris ta croix, tu as suivi celui qui veille sur tout. Tu as asservi à ta pensée le corps difficile à contenir dans les gestes de l’ascèse par la force de l’Esprit divin » (vêpres, lucernaire). Continue reading

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Troisième dimanche du Carême

Arrivé au milieu du Grand Carême, le Triode nous propose de vénérer la Croix en vue de la commémoration annuelle de la Passion salutaire et de la Résurrection du Christ pour lesquelles nous nous préparons spirituellement. Ainsi, au milieu du Carême se dresse la Croix du Christ, devant laquelle nous nous prosternons, comme jadis, au milieu du Paradis, se dressait l’arbre de vie. Par anticipation de la fête de Pâques, le Triode célèbre déjà la victoire sur la mort et nous invite à entrer de nouveau au Paradis : « Désormais le glaive de feu ne garde plus la porte de l’Éden, car le bois de la Croix l’empêche de flamboyer. L’aiguillon de la mort est émoussé. La victoire échappe à l’Hadès. Dieu Sauveur, tu es venu dire aux captifs de l’Enfer : Entrez à nouveau dans le Paradis » (kondakion). Continue reading

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Deuxième dimanche du Carême

Le Triode consacre l’hymnographie du deuxième dimanche du Grand Carême à la mémoire de saint Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique (1296-1357). Ce dernier avait été directement impliqué dans la controverse hésychaste qui agita Byzance en 1340-1341. Les moines hésychates du Mont Athos avaient alors été attaqués par Barlaam le Calabrais, le partisan d’une transcendance absolue de Dieu qui considérait les pratiques hésychastes de la prière comme des monstruosités et leur doctrine de l’union de l’âme humaine à Dieu par la prière comme la plus absurde. Saint Grégoire Palamas, lui-même un ancien moine de la Grande Lavra de l’Athos et ancien higoumène du monastère d’Esphigmenou, prit la défense des moines en rédigeant les Triades pour la défense des saints hésychastes. Dans le Tome hagiorite qu’il rédigea en 1340, saint Grégoire affirme que la grâce réalise « l’union ineffable elle-même. Par la grâce, Dieu vient habiter entièrement en tous ceux qui sont dignes, et en retour, tous les saints habitent entièrement en Dieu, recevant Dieu entièrement en échange d’eux-mêmes » (PG 150, 1229D). Continue reading

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