Français, Homélies

Premier dimanche du Carême

Le premier dimanche du Grand Carême, le Triode commémore le « triomphe de l’Orthodoxie », c’est-à-dire la victoire finale sur l’iconoclasme qui rejetait tant les icônes que leur vénération. Cette victoire sous l’impératrice byzantine Théodora en 843 marqua la fin d’une deuxième vague de persécutions qu’avaient initié les empereurs byzantins suite à sa condamnation au septième concile œcuménique réuni à Nicée en 787. La commémoration du triomphe de l’Orthodoxie fut ainsi introduite dans le Triode au premier dimanche du Carême en mars 843 pour commémorer la victoire finale sur l’iconoclasme. L’hymnographe s’exclame : « Maintenant l’Église se réjouit en Toi qui aimes l’homme, son Epoux et son Créateur qui as voulu en Dieu la délivrer de l’erreur des idoles et l’unir à Toi par ton sang précieux. Lumineuse d’accueillir le saint rétablissement des icônes, elle Te célèbre avec joie et Te glorifie dans la foi » (matines, laudes). La victoire finale sur l’iconoclasme avait été perçue comme un véritable triomphe de l’Orthodoxie, autrement dit une victoire de la vraie foi sur toutes les hérésies, car le problème de l’iconoclasme n’était pas de savoir si l’on pouvait ou non avoir une forme d’art dans l’église. La question qui animait les débats à l’époque était de savoir si l’on pouvait représenter Dieu et si l’on pouvait vénérer les icônes. Mais cette question était profondément théologique. Continue reading

Standard
Français, Homélies

Dimanche de l’expulsion d’Adam du Paradis

En cette veille du début du Grand Carême, le Triode nous invite à méditer cette fois-ci non pas sur une parabole évangélique, mais sur un texte tiré du tout premier livre de l’Ancien Testament, de la Genèse. En effet, il retrace d’une manière poétique le récit de la deuxième création (Gn 2, 4-25), avec la dure épreuve de la liberté de l’homme (Gn 3, 1-13) qui a conduit à l’expulsion d’Adam du Paradis (Gn 3, 14-24). Il est clair que dans le récit biblique, aussi bien que dans le commentaire qu’en ont fait les Pères de l’Église, de même que l’hymnographie du Triode, Adam est un personnage qui récapitule l’humanité toute entière de la même manière que le fait le Christ. C’est saint Paul nous en donne la clef de lecture, lorsqu’il dit que « de même que tous meurent en Adam, ainsi tous revivront dans le Christ » (1 Co 15, 22). Continue reading

Standard
Français, Homélies

Dimanche du jugement dernier

Nous ayant invités à entreprendre ce pèlerinage vers le Royaume de Dieu, et après avoir médité sur l’importance de l’humilité et de la conversion, le Triode nous propose ce dimanche de considérer ce qui nous attend à la fin de notre pérégrination terrestre, à savoir le jugement dernier. Ce thème qu’aborde ce dimanche le Triode découle de l’évangile lu à la Divine Liturgie — la parabole du jugement dernier de l’évangile de Matthieu (Mt 25, 31-46), qui fait suite à d’autres paraboles : celles de l’intendant (24, 45-51), des vierges sages et folles (25, 1-12) et des talents (25, 14-30) et qui fait écho à ce qu’avaient annoncé les prophètes et les textes apocalyptiques juifs. Le texte parle du jugement ultime, qui effacera définitivement le mal dans l’humanité, lorsque le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges, et prendra place sur son trône de gloire pour séparer les gens les uns des autres, tout comme le berger sépare les brebis des boucs. Alors Il placera les brebis, c’est-à-dire les bénis, à sa droite, et les boucs, c’est-à-dire les maudits, à sa gauche. Continue reading

Standard
Français, Homélies

Dimanche du Fils Prodigue

Pour le deuxième dimanche de la période préparatoire au Grand Carême, l’hymnographie du Triode médite sur la parabole du Fils Prodigue (Lc 15, 11-32), une parabole propre à Luc, lue à la Divine Liturgie de ce dimanche d’après le lectionnaire constantinopolitain. Ce thème reviendra de nouveau dans l’hymnographie plus ancienne du Triode lors de la troisième semaine du Grand Carême, car jadis cette parabole était lue le deuxième dimanche du Carême d’après le lectionnaire hiérosolymitain. La thématique de cette parabole se prête bien à l’esprit du Triode, et du Grand Carême en particulier, car elle illustre admirablement le mystère du repentir et celui de la grande miséricorde de Dieu qui éprouve toujours de la joie à retrouver ce qui était perdu. Continue reading

Standard
Français, Homélies

Dimanche du Publicain et du Pharisien

Ce dimanche, l’Église orthodoxe vient de nouveau puiser à une source intarissable de sa spiritualité en ouvrant le Triode à la page du Publicain et du Pharisien. Le livre liturgique du Triode nous accompagnera à partir d’aujourd’hui durant huit semaines pour nous préparer à la fête de Pâques qui est le cœur de la vie liturgique de notre Église tout comme la Résurrection est le fondement de notre foi. Nous entamons aujourd’hui la période préparatoire, qui durera trois semaines, comprenant quatre dimanches, laissant ensuite place aux six semaines du Grand Carême, précédant la Sainte et Grande Semaine. Continue reading

Standard
Français, Homélies

Dimanche de la Cananéenne

Nous venons d’entendre le récit de la guérison de la fille d’une femme Cananéenne, tiré de l’évangile de Matthieu (Mt 15, 21-28), qui est le seul à relater ce miracle. Cette femme étrangère suppliait notre Seigneur : « Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par le démon ». Le Seigneur ne lui répondit pas un mot. On peut s’étonner de l’indifférence apparente, pour une fois, à la souffrance de cette mère. A la demande des Apôtres, le Seigneur répond de nouveau d’une façon qui ne lui est pas caractéristique, lui qui annonçait pourtant partout l’universalité du salut : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ! ». Pire encore, alors que la mère vient le supplier de nouveau, en s’écriant : « Seigneur, secours-moi ! », Il lui répond d’une manière qui peut nous paraître même cruelle : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens ». Mais alors la Cananéenne lui répond avec hardiesse : « Oui, Seigneur, dit-elle, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ». C’est alors que notre Seigneur reconnut que sa foi était grande, et à ce moment même, sa fille fut guérie. Continue reading

Standard
Français, Homélies

Quinzième dimanche de Luc

Nous venons d’entendre un passage de l’évangile de Luc qui nous est bien connu : l’épisode de Zachée (Lc 19, 1-10). Ce passage ne se trouve que dans l’Évangile de Luc. Il était un publicain, c’est-à-dire un collecteur d’impôts, donc un homme mal vu par la société, car souvent les publicains volaient de l’argent. Néanmoins il portait le prénom de Zachée, ce qui signifie en araméen « le Juste ». Après sa conversion lors de la rencontre avec le Christ, après avoir distribué la moitié de ses biens aux pauvres et avoir rendu quatre fois plus à ceux à qui il avait fait du tort, il devint un de ses disciples de la dernière heure, peu avant la Passion salutaire. D’ailleurs, dans la tradition chrétienne, plusieurs témoignages nous le présentent comme un saint. Clément d’Alexandrie l’identifiait avec Matthias, car Zachée aurait été son surnom, lequel a été élu par les Apôtres à la place de Judas Iscariote après sa trahison (Ac 1, 21-26 ; Stromates). Les Constitutions apostoliques désignent Zachée le Publicain comme premier évêque de Césarée en Palestine. En France, une tradition ecclésiastique l’identifie à saint Amadour, l’apôtre des Gaules, et raconte qu’après la destruction de Jérusalem Zachée serait venu avec son épouse Véronique dans un village des Gaules ultérieurement nommé Rocamadour. Continue reading

Standard
Français, Homélies

Douzième dimanche de Luc

Nous venons d’entendre la lecture d’un passage relatant la guérison par notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ des dix lépreux (Lc 17, 12-19). Le récit de ce miracle ne nous a été transmis que par l’évangéliste Luc. On peut facilement s’imaginer cette scène stupéfiante. Il y a encore un siècle, lorsqu’on était touché par la lèpre, que le livre de Job qualifie de « premier-né de la mort » (Job 18,13), on devait se tenir à l’écart et on ne pouvait s’approcher de personne. La loi de l’Ancien Testament prescrivait d’ailleurs que « le lépreux habitera à l’écart, sa demeure sera hors du camp » (Lv 13,46). Le lépreux était abandonné à lui-même, destiné à une mort lente. Souvent il était sujet d’opprobre parce qu’il était considéré comme un pécheur qui méritait d’avoir contracté une maladie repoussante, incurable et contagieuse. Continue reading

Standard
Français, Homélies

Dimanche avant la Nativité du Christ

En ce dimanche avant la Nativité du Christ, nous avons entendu la lecture de l’évangile de Matthieu qui relate la généalogie du Christ (Mt 1, 1-17). Nous retrouvons également sa généalogie dans l’évangile de Luc (Lc 3, 23-38). Les deux récits font remonter la lignée de notre Seigneur au roi David, et de là jusqu’au patriarche Abraham. C’est là que s’arrête l’évangéliste Matthieu, alors que l’évangéliste Luc remonte jusqu’à Adam, qu’il présente comme « fils de Dieu » (Lc 3, 38). Entre Abraham et le roi David, les généalogies de Matthieu et de Luc diffèrent très peu. Par la suite, la généalogie selon Matthieu passe par le roi Salomon et se poursuit avec les rois de Juda, en suivant la généalogie du premier livre des Chroniques pour en arriver au Christ, le présentant ainsi comme l’héritier légitime du Royaume d’Israël. La généalogie de Matthieu, sans doute destinée aux Juifs, voulait montrer que Jésus-Christ était bien le Messie attendu, le « fils de David », c’est-à-dire l’héritier légitime des rois de Juda. Mais ces deux généalogies n’ont pas un objectif historique. Leur but est avant tout théologique : affirmer la foi en la messianité de Jésus. Étant de la descendance de David, il peut devenir le Messie, le « Roi des Juifs ». Continue reading

Standard
Français, Homélies

Onzième dimanche de Luc

Nous venons d’entendre la lecture dans l’Évangile selon Luc d’une parabole bien connue : celle des invités au festin de noces (Lc 14, 16-24). Nous la retrouvons également dans l’évangile selon Matthieu (Mt 22, 1-14). Dans les deux évangiles, l’histoire est similaire, mais elle trouve chez chacun des deux évangélistes des dénouements légèrement différents. Cette parabole illustre le Royaume de Dieu. C’est pourquoi elle se déroule dans un royaume où le moment est venu pour le roi de marier son fils. De nombreuses personnes sont invitées au repas de noces. Malheureusement, aucun des invités prévus n’accepte l’invitation à cause d’engagements urgents. Le premier dit avoir acheté un champ, un autre avoir acheté des bœufs, un autre encore affirme venir de se marier. Le roi trouve aussitôt la solution pour remplir la salle du banquet de noces : il envoie son serviteur convier tous ceux qu’il rencontrera sur les chemins afin de remplir la salle. Continue reading

Standard